Apprendre à lire est en général une tâche passionnante, mais difficile. Pour que les apprentis lecteurs y parviennent avec plaisir et sans stress, il faut que les activités qu’ils pratiquent soient plaisantes et à leur portée. Il faut qu’elles soient normalement réalisables et qu’elles soient comme des sortes de petits défis à remporter, ni trop simples, ni trop difficiles. Il est nécessaire que l’apprenant puisse s’appuyer sur ses compétences antérieures pour en construire de nouvelles. La Méthode Grimm© permet de laisser exactement chaque enfant dans sa Zone Optimale d’Apprentissage, puisqu’il avance pas à pas, exactement à son rythme propre.
Ceci est valable pour tous les domaines d’apprentissage, que l’on travaille sur des notions abstraites comme concrètes, que l‘on fasse du tricot ou de la physique quantique. Bien sûr, la Zone Optimale est plus ou moins large suivant les apprenants. Certains se découragent très vite et ont peu de ressources intellectuelles, ils préféreront rester longtemps dans leur zone de confort. D’autres, en revanche, ont une zone d’apprentissage très étendue et adorent les challenges difficiles de la zone d’inconfort. Pour certains, plus c’est difficile, et plus ils aiment cela, leur cerveau fabriquant sans doute des hormones particulièrement stimulantes et gratifiantes.
En classe, dans de nombreux pays, malheureusement, les trois quarts des enfants ne sont pas dans le confort de leur Zone Optimale d’Apprentissage, dans le niveau idéal pour eux. Les enfants disposant d’une instruction familiale plus poussées ou de capacités intellectuelles favorables s’ennuient à mourir, ils en deviendront parfois dépressifs avec des résultats en chute, certains avec des QI pourtant élevés. Les plus faibles, eux, sont mis en échec rapidement et inscrivent dans leur être des souffrances et des marques douloureuses pour toujours. Le problème est souvent lié à l’organisation de certains systèmes scolaires : les enfants sont répartis dans des classes en fonction de leur date de naissance, quel que soit leur niveau scolaire réel. Ils sont placés dans des conditions qui ne peuvent pas leur convenir, alors qu’ils devraient, au moins en français et en mathématique, être mis dans des groupes de travail qui correspondent strictement à leur niveau d’acquisition et de performance, pour qu’ils puissent avancer confortablement, à leur rythme.
Ainsi, beaucoup d’enfants sont en souffrance à l’école. En réalité, un enfant n’est jamais en échec scolaire. Par définition, un élève est un être qui s’élève, qui grandit dans la connaissance. À part sans doute de rares cas où les situations familiales sont telles que l’enfant est bloqué dans ses capacités d’apprentissage, l’enfant ne peut pas être en échec, puisqu’il est toujours un apprenant ! Même un enfant très déficient est capable de progrès, d’immenses progrès. Il serait bien de trouver le moyen de s’adapter à tous les enfants, quelles que soient leurs capacités. Les enseignants se battent de toutes leurs forces, mais c’est souvent difficile à cause du trop grand nombre d’élèves, de l’hétérogénéité des classes ou d’un matériel d’apprentissage inadapté aux élèves en grande difficulté.
La progression de la Méthode Grimm© est non seulement rigoureuse, mais précisément adaptée à la « croissance » des capacités de lecture de l’apprenti lecteur. Il peut faire chaque jeu jusqu’à sa réussite complète et facile, avant de passer au jeu suivant, qui le mènera dans une nouvelle Zone Optimale d’Apprentissage proche, et ainsi de suite, comme on monte tranquillement un escalier, une marche à la fois.
Voici ci-après les différentes zones d’apprentissage, il montre où un élève peut se trouver et les conséquences qui en résultent.
Zone d’ennui
Les tâches d’apprentissage y sont beaucoup trop faciles, parce que d’un âge inadapté ou déjà connues, trop travaillées.
Conséquences : sentiment d’être pris pour un bébé, lassitude, ennui et totale démotivation.
Zone de confort
Les tâches d’apprentissage y sont trop faciles, connues, déjà travaillées, confortables, mais du coup, peu intéressantes.
Conséquences : risque de lassitude, de démotivation et de désintérêt.
Zone Optimale d’Apprentissage
Les tâches d’apprentissage y sont un tout petit peu difficiles, parce que pas encore connues, mais juste à portée de compréhension, car elles s’appuient sur des bases solides. Elles sont juste assez difficiles pour exciter la curiosité et pour nourrir le besoin naturel de progresser.
Conséquences : sentiment de compétence, plaisir à réaliser la tâche, curiosité satisfaite, sensation de bien-être dans l’apprentissage, renforcement de l’estime de soi.
Zone d’inconfort
Les tâches d’apprentissage y sont trop difficiles, pénibles à réaliser, il faut « s’accrocher ». C’est fatigant, stressant, ce n’est ni agréable ni gratifiant.
Conséquences : risque d’énervement et de désinvestissement, risque de sentiment d’incapacité.
Zone de détresse
Les tâches d’apprentissage y sont vraiment trop trop trop difficiles, totalement hors de portée, car l’apprenant n’a pas acquis les bases nécessaires ni les compétences pour les comprendre.
Conséquences : risque d’épuisement pour essayer de comprendre, en vain, sentiment d’échec et de dévalorisation, atteinte à l’estime de soi… désarroi, risque de détresse, de colère et de grand énervement, risque d’abandon et de décrochage.
